Troisième et dernier article sur la rematérialisation (libre à vous d’en pondre un autre
), je m’attaque cette fois aux interfaces utilisateurs. Le traditionnel WIMP, pour Windows, Icons, Menus and Pointing device, a été l’un des aspects les plus important de la démocratisation de l’informatique dans les années 80. Inventé par des chercheurs de chez Xerox, puis plus ou moins pillé par Steve Jobs et Apple avant de ce faire eux même plus ou moins pillé par Bill Gates et Microsoft (bien sûr, tout ça ne sont que des rumeurs mais elles ont fait un sympathique téléfilm), ceux qui ont compris l’intérêt de ce type d’interface ont fait fortune.
Depuis quelques années, l’émergence de nouveaux supports et de besoins plus spécifiques s’est accompagnée de nouveaux types d’interfaces, moins abstraits, plus matériels, plus tactiles. Voici quelques exemples concrets, existants, et d’autres plus futuristes de la rematérialisation des interfaces utilisateurs.
Multitouch et interfaces tangibles
L’essor de la mobilité a fait faire un bond énorme à la recherche de nouvelles interfaces utilisateurs. Entre l’interface minimaliste des premiers téléphones portables et celle classique de notre ordinateur, l’espace se comble progressivement avec des appareils de plus en plus sophistiqués : smartphones, MID, netbooks et très bientôt les tablettes. Si l’écran tactile peut être vu comme simplement un changement de “Pointing device”, la taille des écrans à déjà poussé à revoir la notion de fenêtre. De plus, le multitouch est un changement majeur qui apporte une expérience utilisateur plus proche d’une réalité physique. L’iPhone d’Apple a bien sûr été un acteur majeur dans la démocratisation de ce type d’interface mais il ne se limite pas aux smartphones. On peut citer la table “Surface” de Microsoft qui propose également, dans son interface, une gestion simplifié des périphériques. On peut également reconnaître que la nouvelle interface Windows Phone 7 series change de la traditionnelle vision “applications”.
Au delà du multitouch, des chercheurs portent leurs réflexions sur de nouveaux types d’interfaces pour sortir de l’écran. Le MIT en particulier a un département entier dédié aux interfaces tangibles. Pleins de projets en ont émergé dont le fameux projet “sixième sens” qui a fait un peu de buzz sur la toile grâce à son aspect futuriste pour un prix raisonnable. La gestuelle dans la manipulation de l’information fait penser d’une certaine manière au très futuriste “Minority Report”. Certes, on en est encore loin mais qui sait jusqu’où ce genre de projet nous mèneront ? Dans un style un peu différent, j’aime bien aussi les petits cubes du projet siftables. Avec de l’information répartie sur de petits écrans, l’interaction entre les cubes crée pour l’utilisateur une expérience assez originale.

Une nouvelle façon de jouer
Des petits cubes aux consoles de jeux, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Se basant sur les bornes d’arcade, la manette avec pad et boutons a longtemps été la seule interface pour jouer sur console. Avec sa Wii, Nintendo a créé une petite révolution dans le domaine des jeux vidéos. Son interface utilisateur, plus proche d’une certaine réalité, a séduit de nombreux joueurs. Si bien que les autres acteurs du marché se lancent dans cette direction : Sony avec sa playstation move, Microsoft avec le projet Natal. Quelque soit l’avenir du jeux vidéo, il va falloir bouger son popotin
De la réalité augmentée…
La réalité augmentée est également une interface relativement novatrice. L’idée est de matérialiser un monde virtuel dans le monde réel par l’intermédiaire d’un système informatique. Typiquement, un smartphone restitue sur son écran la réalité captée par sa caméra, tout en l’agrémentant d’informations ou d’objets en 2 ou 3 dimensions, comme s’ils existaient réellement. Encore un peu jeune, cette technique est à l’origine d’une multitude d’applications, plus ou moins sérieuses. Avec le temps émergera les utilisations vraiment intéressantes comme, à mon avis, cette application à la Vilette.
… à la réalité virtuelle
La réalité augmentée a émergé du monde des applications mobiles, poussée par de jeunes start-ups et à destination principalement des geeks et autres fanboy d’Apple
. La réalité virtuelle est un domaine proche mais pas du tout portée par les mêmes acteurs. Née dans les labos, elle se destine plutôt aux grandes entreprises à des fins marketings ou industrielles. S’abstrayant totalement de l’environnement réel, la réalité virtuelle cherche soit à immerger l’utilisateur au sein d’une réalité simulée, soit à matérialiser des objets virtuels dans le cadre de simulations 3D interactives et en temps réel (remplaçant ainsi les coûteuses maquettes).
Clermont-Ferrand dispose d’ailleurs d’un centre de réalité virtuelle à la pointe de la technologie. Pour en savoir plus, je vous conseille cet article et notamment la vidéo avec des bouts de ZZ dedans
. Voilà en tout cas une technologie prometteuse qui nous permettra bientôt de nous balader avec les plans de notre étoile de la mort
.

A noter que le père du l’interface utilisateur chez Xerox, Charles P. Thacker, a été très récemment élu prix Turing. http://fr.wikipedia.org/wiki/Xerox_Alto
Les interfaces utilisateur sont au centre d’un nouveau type de recherche. Des conférences y sont même dédiées. http://www.iuiconf.org/cfp.html
Enfin, on a déjà eu un petit débat sur l’iPad
–> http://blogs.anelis.org/2010/01/29/ipad-top-ou-flop/
Par rapport à l’iphone, apple a posé plein de brevets sur (à peu près) toutes les intéractions imaginables, du style le tapotage sur le côté ou la coque arriere,etc..
Ce qui me fait triper aussi c’est le skate pour le jeu Tony Hawk.