Gestion de la Défécation en milieu Professionnel

Pour le plus grand nombre, le contexte n’est même pas envisageable en dehors du cadre de ses propres quartiers. Pour d’autres, c’est un besoin biologique naturel qu’il faut de toute façon combler. Certains y éprouvent même du plaisir.
Mais lorsqu’il s’agit du contexte professionnel, on se doit, comme pour chaque acte professionnel, de respecter certaines règles. Au delà du respect, que certains semblent ne même pas pouvoir observer, l’acte devient un véritable challenge lorsqu’il est perpétré en situation de crise.

Cet article se propose de vous exposer les rudiments qui vous permettront de vous en sortir dans la majorité des cas. Parce que oui, que vous le vouliez ou non, que ce soit suite à un repas trop dense, pour vous épargner 1 des 3 heures de la réunion hebdomadaire de projet, pour prendre le temps de lire un rapport légèrement pénible, parce que vous êtes malades ou tout simplement pour vous relaxer : vous irez inévitablement chier au boulot (voilà c’est dit) (c’est le jeu) (personne n’y échappe) (même la jolie blondasse du 6ème).

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Mais (bordel) pourquoi tu nous parles de ça ?

Moi je préfère le toilette fermé avec sa porte individuelle que les pissotières quand il s’agit d’aller déverser les 18 cafés de la journée. Ça en surprendra peut-être certains, mais sachez que l’instant “convivialité entre couilles” n’est pas mon moment favori de la journée :

* Après 2h de combat acharné avec votre braguette à boutons, que vous oublierez d’ailleurs volontairement de fermer la prochaine fois, vous posez subtilement votre filet plus ou moins dans l’urinoir *
* Un deuxième type entre, se place stratégiquement à côté, sort le matériel adéquat de son fourreau, et regarde vers vous *
“Oh ben tiens ! Salut Gérard (vous vous appelez Gérard, dommage).
- Salut René ! *sourire gêné* ah, ah, ça va ?
- Bien bien ouais, toi aussi t’es aux toilettes ?
- Non, non connard, je suis là pour ramasser des champignons dans les réceptacles à pisse… Ouais, ah ah !
- Cool. T’as vu l’histoire sur l’appel d’offre de Lundi, on va bosser tous les deux. J’ai déjà pensé à un truc pour le serveur du…
- Ca te dirait d’éviter d’engager des discours pendant que je me tiens la bite ? Sans vouloir te vexer hein, on reprend ça un autre moment…?”

Bref, il se trouva, par un jour quelconque, que le toilette individuel fusse occupé.
On affronte tous à un moment donné de sa vie un drame existentiel : tandis que j’épuisais (seul pour une fois) mon filet délicat dans la faïence, le cher occupant présumé des toilettes individuelles semblait avoir confondu ses chiottes avec un Cor d’harmonie, et tentait héroïquement de se rejouer la 7ème de Tchaïkovski (j’ai regardé 6x sur Wikipédia pour l’écrire correctement).
Je peux comprendre un dérapage mal contrôlé. Voire une sortie de virage disgracieuse. Mais bon, à un moment donné y’a des principes de savoir vivre qu’il faut honorer.

Afin que plus jamais aucun d’entre nous ne connaisse ces instants pénibles, j’ai décidé de vous offrir LE guide de la pause “convoi exceptionnel” en entreprise.

Dans le vif du “sujet”

Subvenir à ses besoins biologiques en milieu professionnel est un art. Si vous partez sans les billes, vous échouerez telle le paquet que vous alliez déposer, au moment qui sera surement le moins propice. Suivez ces quelques règles simples et vous éviterez le pire.

Préparer son équipement

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  1. S’assurer de la présence du papier en quantité suffisante. En fonction de votre niveau de pression, de vos repas précédents et de votre capacité naturelle à la compression intestinale, il peut vous en falloir beaucoup. Dans le doute, mieux vaut en avoir trop. Si vous pensez le moindre instant que vous allez manquer de matériel, approvisionnez vous selon les moyens du bord : mouchoirs, feuilles blanches, carnet de post-it, rapport d’avancement de projet (l’énumération est inversement proportionnelle au confort anal).
  2. Mettre la main sur une brosse. Il serait en effet bien peu délicat de laisser des traces. Imaginez que quelqu’un qui vous connaisse rentre juste après vous et fasse le rapprochement entre “les indices” et votre présence… Le maitre mot dans l’évasion fécale : rester anonyme !
  3. Prévoir son “coup”. L’instant peut être long. Constipation, bouffe exotique, stress intense… il est possible que vous soyez en état de siège plus longtemps que prévu. L’important est alors de pouvoir garder son calme. Tous les moyens sont bons : un Voici piqué sur la table du salon d’accueil, un bon site Web (comme ce blog) (non non, j’étais sérieux) sur votre smartphone… c’est aussi une excellente occasion d’appeler votre belle-mère. Ne vous ennuyez pas, vous risqueriez la panique, puis la faute technique.

Rester furtif

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  1. Choisissez le moment opportun. Faire respirer à votre patron toutes les nuances subtiles qui s’évadent après l’acte depuis la porte trop longuement close ne favoriserait probablement pas votre ascension professionnelle. Vous ne pouvez pas prendre le risque : étudiez méthodologiquement les tendances sociales de vos collaborateurs. Devenez anthropologue. Aidez vous d’un fichier Excel (si vous ne savez pas utiliser Excel, vous êtes dans la merde). Déterminez à quel instant les couloirs qui mènent jusqu’à vos toilettes favorites sont le moins fréquentés. En général, c’est autour de 13h. A 23h ça marche aussi. Dans certaines administrations boites, c’est toute la journée. Adaptez votre transit de façon à vous retrouver tranquille au moment fatidique.
  2. Entrainez-vous. Comme pour toute discipline complexe, l’entrainement est bien souvent la clef. Organisez des séances d’exercices chez vous. Impliquez votre famille et vos amis. Expliquez leur que c’est important, que vous pourriez être licencié si quelqu’un découvrait que les odeurs du 4ème ne viennent pas des “rats crevés derrière l’armoire” comme vous le prétendez. Filmez les scènes, travaillez les instants clefs.
  3. Renseignez-vous sur l’état de l’art en matière d’évasion fécale. Mes longues heures d’entrainement auprès des civilisations les plus avancées de la planète m’ont permis de découvrir des techniques absolument époustouflantes. Avant chaque largage de compost intestinal, assurez-vous d’avoir déposé dans le fond de la cuvette un amoncèlement aléatoirement disposé de papier hygiénique. L’ensemble doit être le plus volumineux et consistant possible, sans pour autant risque de boucher définitivement les canalisations. Lorsque vous poserez vos émotions fécales, le “dispositif” permettra d’une part d’amortir la chute (évitant ainsi le *PLOUF* caractéristique), d’autre part d’éviter les marques sur le fond.

Gérer la crise

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Malgré vos précautions d’usage, il est toujours possible que le pire se produise. Vous sortez fièrement de votre cave odorante, lorsque soudain, M. Richart, le DG du Groupe, se dirige vers votre repère à traces. Il vous a vu. Vous êtes formellement identifié. S’il pénètre dans votre antre, s’en est foutu de votre carrière. Soyez réactif. Voici quelques pistes :

  • “N’entrez pas, c’est occupé.” ou plus efficace encore : “N’entrez pas, c’est occupé. Michel a décidé de vider la fiesta de la veille dans les lavabos…”.
  • “C’est le Vietnam là dedans. La femme de ménage n’a pas du passer depuis la dernière coupe de cheveux de Jean-Louis Borloo.”
  • “Michel a du passer après son chili, c’est une horreur. N’entrez pas, je vous sauve la vie.”
  • “Ah ! M. Richart ! Vous tombez bien, il faut absolument que je vous montre mon travail sur <le dossier casse-couilles qu’on vous a filé depuis des mois>…”. Attention, là aussi vous mettez votre carrière en jeu.

Le paroxysme de la prévoyance voudrait que vous soyez toujours muni d’un désodorisant portatif sur les lieux du crime. Peu de toilettes d’entreprises sont équipées de “Brise nouvelle génération au principe actif issu de la recherche en biochimie, parfum Lilas” (surement parce que des gars comme Michel s’en servait comme rafraichissement d’haleine avant les réunions). Vous trouverez facilement un échantillon de parfum, ou vous disposerez discrètement un galet parfumé derrière la cuvette.

Soyez créatif, l’art n’en est pas autrement. Mais restez prudent.

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Ce billet a été posté par Shinkan le 2 février 2010 à 0:01 et est classé dans Délires. Vous pouvez suivre chaque réponse à ce billet grace à RSS 2.0. Vous pouvez aussi laisser une réponse, ou un trackback depuis votre propre site.

17 Responses to “Gestion de la Défécation en milieu Professionnel”

  1. Thibault Marzais Says:

    Je répète : l’abus d’alcool est dangereux pour la santé.
    Et sinon, tu consultes un psy ? Non ? Va falloir prendre rdv alors :)

  2. Salem Says:

    Grandiose! Enfin un article qui n’hésite pas à remuer la merde!

  3. Damien Porté Says:

    Je savais qu’un jour ou l’autre, ce blog allait finir dans la catégorie pipi caca… C’est trop cool, ça va devenir encore plus intéressant !!!

    (En attendant il n’y a vraiment que toi pour arriver à faire autant de concurrence à Bigard, tout en étant 100 fois plus classe…)

    (La technique du papier dans le fond fonctionne vachement bieng…)

  4. Cap's Says:

    enfin un sujet essentiel à la survie en entreprise (comment j’étais heureux en stage, il n’y avait que des toilettes fermées, avec des portes bien épaisses pour ne pas entendre les bruits )!

  5. Shinkan Says:

    Bon après, c’est vrai que ça facilite la dérive au niveau des commentaires… on est bien emmerdés du coup là…

    (PS concernant Damien : il faut savoir que les canalisations de sa boite sont depuis en réfection totale et que des mecs attaquent les conduits à la pelleteuse. le pire étant que c’est véridique. il pourra confirmer. on avait dit “quantités modérées” Damien…)

  6. Anthonin Bonnefoy Says:

    Sympa l’article. La vie en entreprise est une bataille de tous les jours :D .
    Dans un registre voisin, il y a l’etude du protocol des urinoirs et son optimisation http://blog.xkcd.com/2009/09/02/urinal-protocol-vulnerability/

  7. MarKo Says:

    technique infaillible : dans ma boite il y a des “rubans” devant l’entrée des toilettes communes, ça sert lorsque le ménage vient d’être fait pour interdire l’entrée afin de laisser sécher; bref, il suffit de tirer ce ruban et d’aller tranquillement faire sa besogne, personne ne vous dérangera.
    Ca marche aussi avec des plots ou autres futilités…

  8. Shinkan Says:

    Merci Marko. Maintenant que t’as donné publiquement l’astuce, plus personne se fera avoir par le ruban. Merci. Vraiment. On avait dit qu’on donnait pas toutes les techniques…

  9. krocky Says:

    Petite blague potache pour faire rire vos collègues au bureau : achetez un paquet de café carte noire. Sur ce paquet, il y a un autocollant fraicheur sur lequel est marqué “ouvrez, et laissez vous porter par l’arôme”… Là bien entendu, vous me voyez venir : placez cet autocollant sur la porte des toilettes, vous deviendrez alors de fait le troubadour du jour. Pouet Pouet Tagalatsointsoin !

  10. Shinkan Says:

    @krocky : gigantesque.

  11. pi3rr0t Says:

    On a cet autocollant sur la porte de nos chiottes. Je prendrai une photo avec mon téléphone de capitaliste à l’occasion ^^

  12. HiTch Says:

    Comme à son habitude, Shinkan nous pond un article haut en couleur ! Fan ! Allez, un petit tweet pour la route.

  13. Jean-Baptiste Diogon Says:

    Roh l’autre hé Tchaïkovski il a même pas écrit de 7è ! (je suis déjà dehors, dsl).
    Article détendu, ça fait du bien de temps en temps !

  14. Thibault Marzais Says:

    Ah tiens, ça me fait penser que j’ai vu un sketch d’Anthony Kavanagh sur le même thème.

  15. Profession ZZ » Blog Archive » Elle revient!!! Says:

    [...] promo 09 et un Shinkan qui se trompe de tournage pendant la préparation de son article sur la défécation (et oui c’est pour ça que ses articles sont si longs et minutieux : il les prépare 2 ans à [...]

  16. Profession ZZ » Blog Archive » Sondage : La restauration le midi au boulot Says:

    [...] fois le déjeuner passé, vous avez toute l’après-midi pour digérer. [...]

  17. Gestion de la Défécation en milieu Professionnel « shinkan.info Says:

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